Triple épidémie : "Bien sûr que l’on fait du tri aux urgences" atteste Mathias Wargon

et installez-vous voilà on va on va essuyer on va on va appeler l'assistant plateau qui va venir essuyer ça tout de suite on est en direct je vous présente en attendant bonjour Mathias wargon merci beaucoup d'être notre invité chef du service des urgences et du SMUR du centre hospitalier de La Fontaine à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis on a évidemment beaucoup de sujets à voir avec vous mais d'abord cette triple épidémie qui touche le pays covid donc vite grippe est-ce qu'on se prépare à entrer dans l'hiver le plus difficile jamais vécu à l'hôpital j'espère que non mais oui en fait mais on y est déjà pour la bronchiolite je pense que les urgences pédiatriques ont eu l'hiver le plus difficile déjà alors que ça faisait déjà plusieurs années qu'on avait cette problématique de bronchiolite avec des transferts d'enfants d'une région à l'autre avec des urgences pédiatriques complètement débordées et quand on regarde les courbes en réalité on a fait une bronchiolite énorme par rapport aux hivers précédents et en plus un peu en avance donc c'est pas seulement une question de précocité il y avait aussi beaucoup plus plus d'enfants malades oui est-ce que tous les enfants ont pu être soignés parce que le gouvernement nous dit non il n'y a pas eu de tri tous les enfants ont été soignés oui les enfants graves normalement ils ont été soignés pas toujours dans de bonnes conditions chez nous à l'hôpital de Saint-Denis il y en a qui ont été pris en charge dans des chambres alors qu'ils auraient dû être pris en unité de soins continus les patients de réanimation qui ont été pris en unité de soins de continuer enfin on a fait un peu du bricolage des couloirs des urgences enfin des choses visibles ou nous on est habitués aux urgences adultes mais où ils sont pas habitués aux urgences pédiatriques et juste raison et donc on espère que que ces enfants là tous ces enfants là ont pu être pris en charge maintenant du tri aux urgences on en fait tout le temps quand le ministre dit qu'on fait pas de tri bon il sait très bien de quoi on parle puisqu'il est urgentiste lui-même bien sûr qu'on fait du tri et bien sûr que quand on a énormément de monde on a une petite tendance à renvoyer des patients et il est elle est là la problématique c'est renvoyé des patients des urgences c'est pas un problème beaucoup de gens viennent aux urgences alors qu'ils pourraient être mieux traiter en ville le problème c'est où est-ce qu'il manque de médecin de ville parce qu'on n'a pas de réseau en ville parce qu'on n'a pas on n'a pas été moderne et qu'on a pas trouvé de solutions avant d'être dans le mur au manque de médecin de vie enfin les médecins de ville moi je le sais depuis que j'ai fait mes études de médecine les études de médecine je les ai commencé en 1985 ou 86 donc on sait très bien qu'on va manquer de médecin et on n'a pas anticipé du tout mais est-ce que le tri faire un tri aux urgences faire un tri en amont je veux dire pour éviter que les gens aillent aux urgences est-ce que ça c'est opérationnel alors ça a été dans certaines villes mais encore une fois faire un trip pour éviter que les patients aillent aux urgences c'est pas mal c'est aspect dans plein de pays dans les pays nordiques et leur espérance de vie est pas différente de la nôtre la différence c'est où est-ce qu'on les réoriente vers qui on les réoriente alors on peut les réorienter vers des médecins et quand même il y a de la place chez certains médecins et puis on peut les réorienter vers d'autres professions et on a mis énormément de temps à se décider il y a une grosse résistance des médecins les médecins eux-mêmes qui voulaient pas qu'on réoriente vers des infirmières ce qu'on appelle des infirmières de pratiques avancées mais pour l'instant il y en a quasiment pas des infirmières de pratiques avancées on les a sélectionnés pour s'occuper de maladies chroniques c'est très bien mais il faut aussi qu'elle puisse s'occuper de maladie aiguë et puis on a aussi les kinés par exemple qui pourraient prendre ça en charge on a vu que les pharmaciens savaient vexiné vacciner c'est quand même pas le geste du siècle donc on peut se répartir la charge on peut on a eu la téléconsultation moi je suis à titre personnel je pense pas que ça soit la solution en aiguë en tout cas ça remplace pas les urgences mais sur certaines pathologies chroniques ça peut aider enfin voilà il y a toutes mes on a attendu d'être dans le mur pour faire quelque chose à l'heure actuelle quelle est la situation dans les services des urgences dans votre catastrophique chez moi c'est là je vais aller dans mon service en sortant d'ici je sais déjà que je vais avoir des patients en attente d'hospitalisation depuis hier soir puisque hier soir à 18h je n'avais déjà quasiment plus de place dans l'hôpital donc je le sais très bien que je vais avoir ces patients en attente d'hospitalisation comme tous les matins comme tous les hivers comme tous les matins depuis depuis une quinzaine d'années donc c'est à dire concrètement avec des patients dans des brancards sur des coups bien sûr des couloir pas dans mon service mais parce qu'en fait très attention à ça mais sur des brancards bien sûr et mal surveillé puisque je n'ai le personnel que pour accueillir des urgences la ce matin je sais que j'aurais un deuxième une deuxième unité d'hospitalisation or et moi et tous les autres services d'urgence et donc on sait très bien que ça existe encore une fois il y a des années le syndicat SAMU urgence de France avait fait un concours qui s'appelait le No bed challenge c'est à dire qu'on comptait les nombre de patients qu'on avait dans nos lits dans nos brancards le matin c'était à l'époque c'était il y a 4-5 ans donc avec quelles conséquence est-ce qu'aujourd'hui il y a des gens qui meurent aux urgences de soins et parce que vous faut arrêter cette histoire c'est ce qui a essayé de lancer le même syndicat et c'est idiot non la problématique elle est pas de mourir le jour même la problématique elle est un de mourir à 30 jours il y a une étude qui va être à nouveau lancée mais aussi d'avoir de moins bonnes conditions de rester plus longtemps à l'hôpital ça ça a été prouvé et éventuellement quand on est une personne âgée de décompenser et peut-être de jamais rentrer à la maison alors qu'on aurait pu passer une nuit sur un brancard dans un service d'urgence on a des personnes âgées qui rentrent parfaitement autonome et consciente qui en sorte grabataire pour éviter cette situation en tout cas pour éviter qu'elle empire le gouvernement Elizabeth borne Emmanuel Macron va avoir les images appel à la responsabilité et appelle apporter le masque le chef de l'État hier est apparu masqué pour donner l'exemple dit-il est-ce que ça t'appelle à la responsabilité ça suffit regardez les images lui et ministre sont masqués personne d'autre ne l'est voilà c'est tout c'est de la com c'est de la com on sait très bien que ça ne marche pas et ils veulent on a décidé de plus emmerder les gens avec le masque ça veut dire quoi c'est un manque de courage politique pour vous ouais moi je pense que c'est un manque de courage politique oui les gens ne veulent plus du masque on le voit bien on voit comment on se fait insulter parfois par certains sénateurs on est sur Public Sénat moi j'ai été insulté par des anciens sénateurs et des sénateurs il y a une sénatrice récemment qui voulait qu'on mette du goudron et des plumes alors comme elle était lâche elle a dit il faudrait que ça soit ses collègues qui lui mettent du goudron et des plumes oui oui très bien une sénatrice LR mais deux sénateurs LR qui sont à la charge sur avec les du vague anti masque bien sûr mais qui sont encore sénateurs bien sûr vous pouvez donner leur nom ou alors il y en a une c'est Madame goy Chavant je crois l'autre c'est monsieur houppert qui a été et qui vous dit quoi et Ben qui qui sont du côté de François de tous les complotistes et qui soutiennent ces mouvements antimasque et antivax et un autre Pozzo di Borgo pareil moi j'ai interpellé Gérard Larcher sur Twitter je n'ai évidemment eu aucune réponse par contre quand le sénateur ou perd se fait condamner par le conseil de l'ordre des médecins là on appelle à la liberté d'expression moi ma liberté d'expression quand je parle du masque quand je parle du vaccin elle est largement mise en cause par ces mêmes personnes et par tous ceux qui les suivent donc je crois je peux l'éthique pour vous oui il ne fait pas aujourd'hui son travail de ministre de la santé mais je sais pas s'il fait ou pas son travail mais on est moi j'ai un peu l'impression qu'on est reculons dans cette histoire là tout le monde sait qu'à un moment il va falloir faire normal que l'hôpital va mal parce que depuis des années on lui demande de faire des choses qu'il ne doit pas faire aux urgences moi je reçois du social mais quand je demande des lits on parle tous des lits on dirait il va falloir rajouter des lits à l'hôpital non il va falloir avoir des soins de suite moi ma problématique c'est pas les patients qui sont dans l'hôpital c'est le fait qu'ils ne puisse pas rentrer chez eux qui ne puissent pas sortir vers d'autres structures parce que c'est cher parce qu'on les accepte pas hier j'ai appris que les EHPAD de Seine-Saint-Denis ont maintenant on peut aller dans les EHPAD rapidement on a un mois c'est une mesure qui a été faite par Braun d'ailleurs et bien c'est 20 euros par jour et bien n'osez pas elles sont remplies de patients parisiens pas de patients de Seine-Saint-Denis et donc les patients sortent pas l'hôpital et comme ils sortent pas les autres rentrent pas sur la vaccination est-ce que vous portez le même constat parce qu'on voit que la vaccination sur la quatrième dose ça marche pas très bien la vaccination contre la grippe ça marche pas très bien est-ce que vous dites là aussi le gouvernement n'en fait pas assez non est-ce que vous avez vu quelque chose de clair sur la vaccination moi j'ai rien vu de Claire même nous on sait pas exactement qui on doit vacciner donc voilà donc moi je suis vacciné contre la grippe et contre et contre le covid avec le nouveau vaccin mais c'est vrai que c'est pas très clair que de toute façon on a des problématiques de vaccination de la population générale et du personnel soignant depuis au moins 20 ans le covid n'a fait que mettre en lumière ces problématiques sur la réintégration des soignants non vacciné là aussi il y a un débats c'est un gadget dans le débat c'est un gadget on sait très bien que c'est moins de 1% des personnes voire moins de 0 mais est-ce que c'est 1% il faut les réintégrer mais il faut probablement les réintégrer moi je ne crois pas mais leur proposer quelque chose oui c'est clair on peut pas laisser des gens sans être payé pendant deux ans c'est pas possible mais qu'est-ce qu'il faut clarifier que les populistes s'en servent mais on sait très bien que ça soit la proposition de loi et les filles ou c'est les FN en réalité on sait très bien qu'avec les allers-retours entre l'Assemblée et le Sénat ces gens là même si on remettait on les remettait ça serait des mois et puis on a expliqué que il fallait leur faire une PCR tous les matins donc ils vont venir à l'hôpital on va leur faire une PCR avec le prix que ça coûte et puis après on va attendre deux heures parce que c'est le minimum pour avoir le résultat de la PCR enfin tout ça c'est pour clarifier la situation est-ce qu'il faut les licencier mais probablement que c'est ce qu'il faut faire oui avoir une situation claire vis-à-vis de leur dire ce en être et puis leur permettre de se réinsérer autrement dans la société oui tout à fait vous pouvez vous permettre au moment où vous manquez de personnes encore une fois bon d'abord on sait même pas combien on en manque mais si on prend le les 5000 ou 6000 soignants soignant parce que là-dedans il y avait des secrétaires il y avait il y avait autre chose 6000 soignants on a 10 à 12000 établissements hospitaliers ethpad bon ben voilà c'est à dire que on va 0,5 personnes par établissement ou même une personne par établissement ça ne va strictement rien changer ce qu'il faut changer c'est les conditions de travail de façon à ce qu'on puisse embaucher des gens et d'ailleurs on a bien vu ce que ce que fait le ministre ces données de l'argent pour que ça continue de fonctionner à chaque fois on l'a fait cet été on l'a fait cet hiver et à chaque fois après on perd la on perd des gens donc il sait bien une question d'argent et sur l'argent parce que c'est vrai qu'il y a des enveloppes alors il y a une Ségure de la santé là il y a à nouveau des envies dans le budget est-ce que c'est le bon calibrage et et si je peux lui donner du doliprane on va prendre les mêmes le ministre il aime bien les les comparaisons je connais bien je vais qu'on soit très clair je connais bien depuis des années il est urgentiste mais on va quand on donne du doliprane à quelqu'un qui a une pneumonie on fait baisser la fièvre on soigne pas la pneumonie donc là on donne du doliprane c'est du doliprane très très cher mais on donne du doliprane à un moment il va falloir soigner l'hôpital soigner l'hôpital c'est le recentrer sur ses actes mais est-ce que c'est de l'argent utile parce que c'est vrai que ça c'est utile on centaine de millions d'euros est-ce que c'est utile pour vous parce que ça permet de garder les gens en ce moment mais le problème c'est que il y a même c'est pas pérenne les mesures Braun elles étaient valables jusqu'en septembre elles ont été reconduites mais c'est reconduit il y a pas d'horizon et on va voir avec le CNR mais c'est pas évident que vous en attendez de ce conseil CNR les gens qui étaient là c'était vachement sympa il y a eu plein d'idées mais en fait c'est les mêmes que je connais habituellement qui sont qui vont voir la RS qui vont c'est les mêmes en fait donc on n'a pas besoin c'est des représentants syndicaux c'est des gens qui sont impliqués dans l'organisation donc tout ça on aurait pu le faire avant on va parler justement on va continuer à parler de cette situation aux urgence on va revenir quelques mois en arrière au début quasi tout début de la crise covid on était même au coeur de cette crise de documentariste Éric Guéret a filmé les premiers pas d'un terme dans votre service on va regarder un extrait de ce documentaire où on vous voit justement face aux difficultés du manque de personnel donc c'est difficile de la sortir oh [ __ ] la les psychiatres faut arrêter il faut nous laisser un peu travailler c'est pas possible non je confirme donc tant pis on fait de la médecine dégradée on n'a pas le choix [Musique] c'est vraiment la merde mais mon problème là maintenant c'est que j'ai le personnel qui est au bord du craquage et il me faut il faut au moins une infirmière et une aide-soignante plus au moins une aide-soignante en plus au moins au moins pour maintenant est-ce que j'ai des petits déj à donner j'ai des patients à ranger j'en ai partout là partout partout j'en ai partout il me faut du personnel en plus là je peux pas tenir avec ce que j'ai comme personnel je trouve que je suis plutôt de bonne humeur par rapport à la situation mais mais si déjà on me soulageait de la psy 9 9 il y en a que 5 ou 6 à hospitaliser hein [Musique] la débandade d'hospitalisation tous les jours pareil c'était entre novembre 21 dans une heure c'est pire parce que c'est pire d'abord le covid ça permet de resserrer les gens alors là on est quand même dans la deuxième vague déjà ça commence à déliter mais ça a permis de resserrer les gens mais parce que à ce moment là pendant le covid on faisait ce pourquoi on a été formé ce pourquoi on était payé c'est à dire voir des patients graves aux urgences et puis les hospitalisés c'est pas moi qui cherchais là on est dans la deuxième vague dans la première vague on ne cherchait pas les lits on avait des cellules au niveau régional qui nous cherchait les lits avec hélas des médecins qui des chirurgiens qui travaillaient pas donc c'est pour nous ont beaucoup aidé mais là c'est terminé et donc non seulement vous même c'était là c'était un cas exceptionnel où tous les matins vous appeliez hier matin et c'est ce matin je vais faire ça et ou si c'est pas moi c'est quelqu'un d'autre de mon service et donc oui c'est ce que je vais faire mais dans il y a pas de lit ailleurs et donc on va faire la même chose je vais m'engueuler avec les étages parce qu'ils vont pas vouloir me prendre des patients lourds pourquoi ils veulent pas me pardon des patients lourds parce que c'est une grosse charge de travail pour leur personnel qui s'en va parfois ils sont des lits fermés parce que il y a pas de personnes l'hélie fermé c'est pas parce que le gouvernement ou je sais pas qui veut fermer ou lopit ou le sèche le directeur veut fermer les lits c'est parce que il y a personne pourra être l'hélice ça veut rien dire c'est du personnel et puis et puis pourquoi il veut pas vouloir me prendre de personnes âgées parce que les personnes âgées une fois qu'elles sont dans les lits bah c'est ce que je disais au début on peut pas les sortir vers des soins de suite on peut pas les faire rentrer à la maison parce que c'est extrêmement complexe le maintien à domicile que on n'a jamais mis les investissements nécessaires que il y a pas de médecins de ville pour faire des visites c'est terminé et que ben voilà et que ces patients là on a pas de solution sinon les paddes ils veulent pas forcément y aller et on comprend pourquoi et donc on est coincé et ça c'est ma vie tout à l'heure ça veut dire que ce qu'on pensait être que nous on a découvert comme une situation de crise au moment du covid en fait c'est devenu non ça l'était avant la situation elle était avant le covid il a tout fait déborder mais il y a eu une grève des urgences en 2019 moi j'ai un blog depuis le les années 2007 ou 2008 quand je relis ce que j'écris mais c'est la même chose en fait moi quand je relis mon blog je me pose une question c'est qu'est-ce que je fous encore là vous êtes découragé parfois vous avez envie d'abandonner ah oui oui tout à fait il y a des jours on se dit bon ah non on va y aller et tout ça et on essaye de faire autre chose hier soir par exemple après avoir longuement discuté avec deux directeurs de l'hôpital pour dire demain matin ça va être la merde on a fait un staff en visio sur de la neurologie c'était intéressant mais quand même oui il y a des jours on se dit mais oui je vais enfin pourquoi je me lève le matin je vais passer une mauvaise journée je vais pas faire de médecine et puis je vais rentrer chez moi après avoir fait une mauvaise journée mes médecins ils vont pas faire de médecine ils vont passer leur journée au téléphone je me dis finalement je devrais faire autre chose me lever correctement le matin passer du temps à la machine à café au self rentrer à la maison descente et une fois que je suis rentré à la maison puis m'occuper de ce qui se passe à l'hôpital oui qu'est-ce qui vous fait tenir qu'est-ce qui vous donne envie malgré tout de vous lever le matin et de continuer à aller au soir parce que je ne sais pas faire autre chose c'est quand même une des vraies solutions maintenant je suis un peu âgé peut-être que je serai plus jeune je partirai et puis ce qui me fait tenir c'est quand même le service public oui c'est le service public oui être à Saint-Denis c'est plus important encore qu'ailleurs mais le service public c'est quelque chose de très important est-ce que vous ne faites pas que des urgences vous faites aussi du social ce que vous disiez oui mais pas que ça mais justement j'ai pas envie de faire du social moi je suis médecin ce que j'apporte en Seine-Saint-Denis de façon extrêmement prétentieuse c'est de la médecine d'excellence en Seine-Saint-Denis et la médecine du service public ça doit être de la médecine d'excellence voilà c'est ça qu'on doit faire et elle doit être partout dans le territoire pas seulement à Paris pas seulement à la PHP mais aussi dans des centres hospitaliers publics comme celui de Saint-Denis et oui je crois qu'on apporte de la bonne médecine à Saint-Denis et c'est important vous ne le disiez si il était jeune je réfléchirai je réfléchirai peut-être autrement est-ce que vous êtes inquiet pour l'avenir de votre métier est-ce que vous pensez que demain on aura encore suffisamment de médecins alors demain on en aura pas ça c'est sûr j'en suis pas sûr et là on voit bien que après avoir pourri intégralement quand même la médecine en France les politiques et là c'est tout le monde un faut arrêter ça fait 30 ans que ça dure continue à pourrir la vie des médecins là on a vu cette histoire de d'interne avec les déserts médicaux alors les déserts médicaux en fait il y a eu aussi le moment où il y a eu beaucoup de médecins et on s'est habitué au fait qu'il y avait beaucoup de médecins et trop de médecins à ce moment-là quand même puisque je vais pas suffisamment bien et là d'un seul coup on décide de les envoyer et on se retrouve quand même avec un humérus clausus ou un humérus apertise pas très grand où on a des médecins qui ont passé ce concours très difficile et à qui on dit à la dernière année tu vas aller faire on est un peu comme Mao on va les envoyer à la campagne ceux qu'on raté le concours qui était peut-être très bon j'en sais rien mais qui ont raté le concours qui sont partis à l'étranger eux ils vont pas retrouver à faire à être obligé de faire ça et leur diplôme il est valable dans toute l'Europe donc on marche un peu sur la tête quoi et est-ce que on a proposé à ces médecins là de bien les payer pour aller à la campagne mais pas il y a la campagne parce que c'est la campagne qu'on pense mais pas du tout on leur a dit vous allez être faire une année supplémentaire de pseudo interne alors vous n'êtes pas un terme parce que vous avez passé votre test donc vous êtes docteur en médecine mais on va vous payer mal pour aller faire ce que personne d'autre ne veut faire et d'ailleurs on a bien vu que aucun vieux médecin a dit ah oui moi je vais y aller et puis finalement les syndicats de médecins généralistes ont pas dit non plus ça ils se sont élevés mais les enseignants voulaient de toute façon cette quatrième année donc voilà donc ça se fait au dépend des jeunes c'est pas c'est pas en emmerdant les gens qu'on va les aider et c'est pas eux qui vont repeupler nos campagnes ils sont déjà mariés mais c'est tout ça c'est de la grosse démagogie c'est de la démagogie c'est du pansement sur une jambe de bois c'est-à-dire qu'à aucun moment on pense réformer le système aucun moment on va expliquer aux gens que plus jamais ils n'auront de médecin parce que la médecine ça ne marche pas comme ça c'est comme les petits hôpitaux faire croire qu'on va avoir des petits hôpitaux ça ne marche pas c'est pas des bons systèmes les petits hôpitaux voilà c'est la médecine du 21e siècle un mot sur deux autres sujets qui concernent évidemment l'hôpital d'abord les cyberattaques puisque le centre hospitalier de Versailles a été la cible d'une cyberata qu'il n'est pas le premier est-ce que l'hôpital est vulnérable aujourd'hui l'informatique hospitalière est nulle et on le sait tous très bien les logiciels qu'on utilise sont pas du participe à notre mauvaise qualité de vie participe à ça on a tous tous les centres hospitaliers ont de gros problèmes d'investissement en informatique d'investissement en équipe on n'a pas d'argent pour avoir des équipes suffisamment importantes et peut-être je connais pas le niveau moi j'ai pas de problème avec globalement les informaticiens à l'hôpital sauf qu'ils sont pas assez et nous on a par exemple hier après-midi on s'entraînait à la prochaine cyberattaque hier matin puisque notre informatique était en panne non non on fait pas d'entraînement régulièrement et que je le dis quand ça marche pas bah on peut pas être attaqué ça c'est une bonne protection quand ça marche pas du tout on n'est pas attaqué et on s'entraîne régulièrement oui la semaine dernière on était en papier mais pas parce que à cause d'une cybera attaque parce que le serveur était down donc voilà donc il y a pas que moi c'est dans tous les hôpitaux que ça arrive et l'autre sujet c'est la fin de vie puisque la convention citoyenne sur la fin de vie des buts aujourd'hui ce sont à peu près 60-75 pardon citoyen tirés au sort qui vont plancher pendant 4 mois est-ce que pour vous il faut une nouvelle loi alors qu'on a déjà plus de 20 départements qui n'ont même pas accès aux soins palliatifs la problématique des soins un peu aléatitifs est très importantes moi en tant qu'urgentiste j'ai des patients qui meurent avec des morts plus ou moins attendues pas des morts subit mais soit des patients de maladies chroniques en fin de vie soit des patients âgés en fin de vie qui au lieu de mourir en général à l'Ehpad ou chez eux meurent chez nous et donc c'est un problème que nous on rencontre mais très fréquemment on a énormément de gens qui meurent alors pas aux urgences sur un brancard dans un lit dans autre unité d'hospitalisation mais c'est quelque chose de très fréquent face auquel on est confronté je pense que c'est une question extrêmement importante très difficile qui va donner lieu à des débats à mon avis très démagogiques il y avait un article dans Le Monde récemment de quelqu'un des Pays-Bas d'un médecin des Pays-Bas qui était pour qui avait un article extrêmement mesuré très intéressant ça va participer au débat mais chacun doit y réfléchir et on doit avoir des mesures anticipées mais enfin des des lois pour vous la loi classe néonetti est suffisante la loi classe néonetti elle est extrêmement hypocrite voilà bah parce que on sait tous très bien que quand on met de la morphine et de l'hypnovel alors là je vais entendre tous les médecins de soins palliatif me dire que c'est pas vrai mais on sait très bien c'est d'une certaine façon c'est vrai ça dépend le dosage et donc on sait très bien alors on tue pas les patients mais on est on est dans un entre deux on dit on leur donne quand même on les soulage on les tue pas et c'est vrai que moi j'ai des patients qui peuvent durer des jours avant de mourir et donc on ne les tue pas mais on est dans un entre deux très compliqué donc il faut clarifier oui mais il faut pas le faire très vite je parle la loi ou pas je pense par la loup ah oui il faut protéger les professionnels de santé il va falloir aussi que on fasse pas comme dans l'avortement c'est à dire des histoires de moi j'ai pas j'ai pas envie de le faire ou des choses comme ça il faut il faut normer les choses de façon à ce que ça soit facile pour tout le monde que la loi elle décide ou pas le Tanasi actif parce que c'est comme ça que ça s'appelle ça s'appelle de l'euthanasie active moi à titre personnel je n'ai pas d'opinion enfin ça dépend des jours ça dépend des gens c'est très con je pense que c'est vraiment quelque chose de très compliqué et que il faut que chacun réfléchisse à ce qu'il a envie mais on peut changer d'avis et c'est bien que ce soit des citoyens qui réfléchissent à ça il faut qu'il y ait des soignants mais des citoyens la différence entre les soignants et les citoyens c'est que nous on a une on sait ce que c'est et des morts on en voit on sait ce que c'est que mourir et c'est pas quelque chose de romantique merci Mathias merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin et de nous avoir accordé cet entretien on passe tout de suite au club des territoires