Jean-François Delfraissy : "La vaccination contre le Covid-19 est efficace mais insuffisante"

bienvenue à vous tous pour cet entretien sur france 24 et merci d'être avec nous la pandémie a fait plus de 5 millions de morts dans le monde selon l'om est ce un chiffre sans doute largement sous-estimé en france on compte 130 mille morts dus qu'aux vide une cinquième vague se développe en europe on en parle avec jean françois delfraissy président du conseil scientifique et président du comité consultatif national d'éthique vous participer aux rencontres capitales à paris sur le thème réinventer bonjour professeur le coc vide a agi tout d'abord comme une loupe sur la société en général et notamment sur le système de santé français quels sont pour vous les principales leçons la principale leçon c'est que le système de français français a été soumis à une épreuve sanitaires extrêmement forte et qu'il a jusqu'à maintenant tenus il a tenu les 4 premières vagues nous avons maintenant faire à une nouvelle vague qui n'est pas qu'en france qui est au niveau européen l'europe est l'épicentre de cette de cette nouvelle cinquième vague et le système de francs cfa 2 le système hospitalier en particulier va de nouveau être éprouvée néanmoins les choses ont complètement changé par rapport il ya un an pour deux raisons la première c'est la vaccination et je pense qu'on va en reparler et la seconde c'est que nous avons affaire à un variant le variant delta qui a un très haut niveau de contamination et qui explique d'ailleurs que cette cinquième vague puisse survenir malgré le niveau de vaccination mais la cinquième vague qui frappe les pays d'europe du nord et de l'est c'est ce que vous pensez qu'en france on pourra éviter une vague importante alors la cinquième bague est déjà présente en france ap présente depuis le début octobre et on voit les chiffres de nouvelles contaminations qui sont en train d'augmenter on voit également que les les sujets les plus jeunes vont êtres vont être touchés et en particulier au niveau des écoles dans l'est dans les semaines qui viennent alors cette cinquième vague va être probablement en partie tenues par le haut niveau de vaccination auquel nous ne citerons qui est de l'ordre de 76 77 % et qui est important mais qui n'est pas suffisant alors pourquoi il n'est pas suffisant parce que la vaccination et qui est très efficace qui est un véritable succès protège contre la survenue de formes sévères et de formes graves mais cette protection diminue au fur et à mesure du temps particulier chez les sujets les plus âgés tout l'important chez ces sujets et chez les sujets fragiles d'avoir une dose de rappel et c'est ce qui est en train d'être effectués en ce moment est-ce que vous pouvez le deuxième élément c'est que les vaccins les vaccins de protège moins bien contre l'infection et la transmission il protège contre la survenue de formes graves et les formes sévères mais moins bien contre l'infection c'est à dire qu'on peut être parfaitement vacciner être protégés contre la survenue de forme gras est néanmoins être infectées et c'est je reconnais que c'est difficile à comprendre mais c'est la réalité mais les personnes qui sans tain qui sont vaccinées font beaucoup moins de formes sévères et de formes graves et ils vont beaucoup moins bien sûr en réanimation d'où probablement la discussion qui est en cours c est ce qu on va limiter cette dose de rappel aux populations les plus âgés les plus fragiles ce qui est le cas actuellement puisque l'ouverture de la vaccination était fait pour les 50 65 ans à partir du 1er décembre ou est ce qu on élargira de façon globale cette cette injection de rappel à la population plus globale si jamais on vaccine les enfants de 5 à 12 ans comme aux états unis en israël est-ce qu'il sera pas logique qu'il de rendre la vaccination obligatoire pour les adultes ou un de passer du pass sanitaire au pass vaccinale ce sont des questions différentes sur la vaccination des enfants de 5 à 12 ans les enfants ne font pratiquement pas en europe en tout cas de formes sévères ou de formes graves par contre c'est évidemment une population qui peut s'infecter qui peut à la fois infecté les adultes leurs parents ou qui peut surtout être infecté par les parents donc les etats-unis ont pris la décision dans des conditions où les l'état de santé des enfants en raison de l'état de bézy t par exemple qui est plus important il ya une facteur de gravité qui existe aux états unis que nous n'avons pas en haut rang ils ont démarré les vaccinations et l'attitude française qui paraît pour l'instant raisonnable et de dire nous attendons d'avoir eu quinze jours ou trois semaines de vaccination très général dans un pays comme les etats-unis on verra s'il ya éventuellement des effets secondaires et en fonction de cela il y aura une décision qui sera prise par le comité de stratégie vaccinale donc la discussion est sur la table mais la décision n'est pas prise encore de vacciner ou non les enfants entre 5 et 12 ans alors plus généralement cette crise a montré les difficultés en santé publique en particulier vis-à-vis des plus précaires que faudrait-il faire d'après vous faut réduire les inégalités sociales de santé le tout crise en particulier une crise sanitaire mais c'est toute crise majeure économique ou ou comportementale ou ou liées au climat touche les populations les plus fragiles et on l'a bien vu dans cette crise sanitaire également que des populations en particulier dans 9 3 mais aussi dans les banlieues nord dé marseille ou dans les grandes banlieues des grandes métropoles était plus touchées avaient un impact en termes de morbidité mortalité qui était plus importante donc c'est un fait fondamental de s'apercevoir que les crises révèle des situations et des inégalités en santé qui existe déjà donc une des stratégies possibles mais qui n'a pas été fait jusqu'à maintenant est de mettre plus de moyens entre guillemets là où on sait qui est des inégalités c'est la même question que sur les inégalités scolaires par exemple la faute il par exemple dédoubler les classes partout en france ou est ce qu'il faut surtout les dédoubler dans les zones qui sont les plus difficiles et c'est une vraie grande question de ce salon qu'on a un sentiment très égalitaire en france sur ce sujet mais peut-être que la logique serait d'aller vers les populations les plus à risque par ailleurs on doit pas opposer cet aspect de santé publique à l'autre aspect qui a été des réponses de la crise qui est l'innovation la recherche là l'innovation deux à la fois de sur les vaccins qui a été un grand succès et où l'innovation par exemple avec l'arrivée de médicaments antiviraux qui vont être disponibles probablement à la fin d'année ou tout début de l'année 2022 et qui permettront d'additionner par rapport au vaccin enfin et ça ça reste une constance et j'insiste sur ce point de nous ne sortirons de cette crise en particulier de cette cinquième vague que si on utilise l'ensemble de la boîte à outils c'est à dire c'est pas seulement le vaccin qu'on ne compte pas que sur le vaccin il faut compter sur nous mêmes sur deux nouveaux une prise de mesures barrières si vous voyez avec un masque c'est pour indiquer qu on doit reporter le masque beaucoup plus qu on le fait et l'utilisation du pass sanitaire en contrôlant se passe sanitaires plus qu'on a fait jusqu'à maintenant vous parler de sortie de crise nous sommes sur france 24 on ne sortira de cette pandémie que lorsque tous les pays du monde auront accès au vaccin comment se fait-il que malgré les recommandations de l'eau metz l'organisation mondiale de la santé et les déclarations de plusieurs responsables politiques le vaccin ne devienne pas un bien public mondial avec la levée des brevets et connaissez l'année 2022 va être dans ce débat comment la majorité des grands pays du nord sera vacciné et que et les pays en particulier en dans la zone d'afrique seront partiellement vacciner alors il faut aussi raison garder c'est à dire qu'on vient de s'apercevoir qu'en l'afrique l'épidémie avait été beaucoup plus importantes comme le pensait et que dans les zones rurales mais aussi dans les grandes villes on avait jusqu'à 50 60 % de la population qui avait déjà été contaminées par le virus sarr scav 2 donc la vaccination il faut tendre vers une vaccination plus globale mais surtout il ya aussi des priorités en afrique de la même façon que au début de la vaccination dans les pays du nord nous avons sélectionné les personnes les plus à risque est bien la question est la même en afrique où il faut vacciner en priorité les populations les plus âgés et les soignants puisque c'est un bien précieux et je vous rappelle que cette pandémie est une pandémie essentiellement pour l'instant deux pays riches entre guillemets ou à niveau en tout cas de ressources intermédiaires et que pourquoi parce que les pyramides des âges sont fondamentalement différentes entre les pays à ressources limitées et les pays les plus anciens comme le nôtre donc c'est à dire qu'il faut bien sûr aller vers une vaccination beaucoup plus large sur ces pays à ressources limitées mais aussi aller vers ce qui est important les populations les plus âgés et les soignants dans ces pays et en france justement comment faire pour que la population plus âgée comment la convaincre pour se vacciner alors il faut d'abord dire que c'est un succès la vaccination c'est à dire qui aurait imaginé que nous soyons à 76 77 % de vaccination en population globale quand on m'en parlait jean janvier 2021 il reste des points durs il reste en particulier 16 à 17% de la population des plus de 80 ans qui n'est pas encore vaccinés et encore une proportion importante de sujets à risque qui ne l'est pas il faut encore et 7 primo vaccination avant même de parler de rappel est évidemment un élément totalement essentiel et fondamental et donc il faut continuer à aller vers convaincre et expliquer à la fois les médecins généralistes les pharmaciens les voisins doivent aller vers ces personnes et leur expliquer à la fois leurs intérêts individuels et le rater l'intérêt collectif je rappelle le chiffre quand on est vaccinés on a dix fois moins de chances de faire un que vite grave d'aller en réanimation et de décéder que quand on n'est pas vacciné il ya un facteur de risque est multiplié par dix quand on n'est pas vaccinée merci beaucoup professeur jean françois delfraissy d'avoir été avec nous sur france24 merci à vous merci à nariman laouadi à baptiste fayolle et à julia dornach pour la réalisation de cet entretien sur france 24 d'information continue merci à vous tous de votre attention [Musique]